Le civet de sanglier, c’est ce plat mythique qui vous colle une image gustative direct dans la tête : la chaleur d’un feu de bois, l’odeur puissante et enivrante du vin rouge qui chante avec des herbes sauvages, le festin du chasseur remis à l’honneur sur une table en bois massif. C’est plus qu’un plat, c’est un rituel ancré dans la tradition et le terroir, un témoignage vivant de la cuisine de bécasse et des saveurs sauvages de nos forêts méditerranéennes. Si vous pensez que le gibier c’est réservé aux beaux jours ou aux restaurants étoilés, vous allez vite réviser votre jugement. Dans cet article, je vous balance tout ce qu’il faut savoir pour passer du chasseur gourmet amateur au véritable épicurien gibier, avec la recette complète, les astuces secrètes des grands veneurs, et même quelques variantes modernes qui vont vous faire saliver. Préparez-vous à plonger dans l’art du civet, ce plat convivial qui fait vibrer la table des bois et promet un moment de partage et de délice sans égal.
Les secrets de la marinade et la sélection des ingrédients pour un civet de sanglier parfait
L’un des gros secrets du civet de sanglier qui déchire tout, c’est la préparation en amont, surtout la marinade. Parce que le sanglier, ce n’est pas du poulet fermier, c’est une viande de caractère, sauvage, parfois costaude et ferme. Alors, pour éviter de mâcher du cuir, il faut y aller molo, avec amour et patience.
Pour commencer, on file chez le boucher pour choisir un morceau noble du sanglier : l’épaule ou la cuisse désossée font clairement le taf. Il vous faut entre 1,5 et 2 kg pour 6-8 convives. Vous coupez la bête en cubes réguliers, histoire que ça marine et cuise de manière homogène.
La marinade, c’est la base de cette recette héritée des grands veneurs. Il vous faudra :
- vin rouge corsé : 1,5 litre minimum (Cahors, Madiran, Côtes-du-Rhône, Gigondas, Minervois, Corbières… faites-moi confiance, un bon vin de cette trempe, c’est la clé du succès);
- un beau bouquet d’herbes aromatiques : thym, laurier, persil, quelques grains de poivre et clous de girofle pour twister le tout ;
- des légumes pour la marinade : oignons, carottes, ail, et un poireau si vous êtes d’humeur champêtre ;
- lardons fumés ou poitrine salée pour la touche gourmande et la richesse qui embaume ;
- huile d’olive ou graisse d’oie pour saisir, selon votre feeling.
La patience sera votre meilleure amie : on laisse mariner entre 24 et 48 heures au frais, c’est ce laps de temps qui va non seulement attendrir la viande mais infuser dans chaque cube les saveurs du terroir. Cette étape est une ode à la tradition et une immersion dans l’esprit du gibier gourmet.
Un autre petit secret de grand veneur, c’est le soin apporté à la marinade : filtrer la marinade avant la cuisson pour n’en tirer que le précieux jus. On peut réserver les légumes de la marinade, soit pour les remettre en cuisson, soit pour une purée ou un soupçon de légume rôti en accompagnement. Cette dualité apportera encore plus de nuances au festin.
Ingrédient | Rôle dans le civet | Conseil d’usage |
---|---|---|
Sanglier épaule/cuisse | Viande principale, saveur sauvage | Couper en cubes, dégraisser et retirer la peau |
Vin rouge corsé | Marinade, cuisson, lier les saveurs | Cahors, Madiran, Côtes-du-Rhône |
Lardons fumés | Richesse, intensité fumée | Griller puis égoutter avant cuisson |
Herbes aromatiques | Parfum, complexité | Thym, laurier, persil frais |
Légumes de marinade | Goût sucré, texture | Oignons, carottes, poireau, ail |
Chocolat noir (optionnel) | Onctuosité, profondeur | Ajouter en fin de cuisson pour peaufiner |
Le civet, c’est donc cette alchimie délicate qui unit le sanglier à son environnement dans la casserole : la tradition et le terroir réunis en un bouquet de saveurs sauvages.

Méthode de cuisson et astuces pour sublimer la sauce du civet de sanglier
La magie de la recette, c’est dans la cuisson lente et le raffinement des finitions. Faire un civet, c’est l’art de dompter la bête sauvage pour en faire une pure gourmandise. On démarre en saisissant la viande dans une cocotte bien chaude avec un peu d’huile d’olive ou de graisse d’oie : attention à prendre votre temps et bien colorer les morceaux, pas de précipitation, on veut du joli brun profond, pas grisé.
Ensuite, vient le moment de faire suer les légumes de la marinade dans la même cocotte, pour récupérer tous ces sucs qui ont infusé, avant de replacer la viande dessus. Puis, on ajoute la marinade filtrée, un fond de bouillon si besoin (mais n’en abusez pas, l’idée c’est de garder le caractère du vin), les lardons grillés, un peu de sel et de poivre. À couvert, on laisse mijoter trèèès doucement pendant au moins 2h30 à 3h. C’est long, mais vous allez voir, c’est là que se joue la tendreté et la révélation des saveurs.
La patience, c’est la vertu cardinale de ce plat. Cela dit, vous pouvez préparer le civet la veille, voire deux jours à l’avance. Réchauffé, il n’en sera que meilleur et décuple son parfum.
Et on finit en beauté avec le petit coup de génie du chasseur gourmet : on lie la sauce. Pour ça, on prélève une louche de jus et on la délaye avec une c. à soupe de farine ou de fécule, que l’on reverse ensuite dans la cocotte pour épaissir doucement la sauce. Un dernier secret, la touche surprenante : un carré de chocolat noir dans la sauce. Vous hésitez ? Essayez, c’est l’art du civet : ce mariage doux-amer apporte une onctuosité sublime et arrondit toutes les notes épicées et boisées. C’est comme un coup de fouet doux qui fait rentrer tout le monde dans la danse.
- Saisir la viande en petites quantités, sans surcharger la poêle
- Faire suer les légumes dans la matière de cuisson pour recueillir le maximum de saveurs
- Laisser mijoter longtemps et régulièrement, pas de gros bouillons
- Filtrer la marinade pour éviter les morceaux qui gâtent la texture
- Lier la sauce avec parcimonie en fin de cuisson pour ne pas perdre la légèreté
Ce savoir-faire transforme le civet en un vrai festin pour tous les épicuriens gourmets, prêt à trôner sur la table des bois avec le charme intemporel de la tradition et terroir.
Les meilleurs accompagnements pour sublimer le civet de sanglier à la provençale
La viande de sanglier dans un civet, aussi exceptionnelle soit-elle, s’épanouit pleinement avec des accompagnements dignes de ce nom. Le plat gagne à être équilibré, la richesse du civet appelle la douceur et la simplicité pour bien contraster.
Dans notre coin de Méditerranée, la tradition est une source intarissable d’inspiration. Voici quelques propositions qui collent parfaitement à l’esprit épicurien gibier :
- Pommes de terre vapeur ou rôties à la graisse d’oie : le top pour profiter du jus sans que ça ne soit trop lourd.
- Gratin dauphinois : le classique indétrônable, fondant et crémeux, c’est la douceur qui épouse le gibier.
- Tagliatelles fraîches : faites maison, elles permettent d’attraper chaque goutte de sauce comme il faut.
- Purée de céleri rave : pour ceux qui cherchent une touche un peu plus sophistiquée, avec juste ce qu’il faut d’élégance.
- Polenta crémeuse au beurre : rustique mais veloutée, elle fait un mariage idéal avec les saveurs sauvages.
- Légumes racines rôtis ou champignons : le côté forestier qui rappelle la chasse et complète les notes terres du civet.
Un repas complet pourra être clôturé par un fromage de caractère – Tomme de Savoie ou Bleu d’Auvergne feront très bien le travail – et une tarte aux pommes maison en dessert pour rester dans le terroir et la douceur.
Accompagnement | Saveur | Pourquoi l’associer au civet de sanglier |
---|---|---|
Pommes rôties à la graisse d’oie | Douceur, croustillant | Complément parfait pour absorber la sauce |
Gratin dauphinois | Crémeux, riche | Smooth et moelleux, équilibre la puissance du gibier |
Tagliatelles fraîches | Lisse, al dente | Attrape la sauce à la perfection |
Purée de céleri rave | Élégant, terreux | Dynamise la dégustation avec finesse |
Polenta au beurre | Rustique, onctueux | Joie simple et gourmande |
Légumes racines rôtis | Terreux, doux | Souligne la nature sauvage du plat |
Voilà de quoi envoyer votre civet version megastar à table, dans un mariage Saveri qui va déclencher des discussions épicuriennes passionnées autour de la grande tablée.

Choisir le vin parfait pour accompagner un civet de sanglier et dévoiler tout son caractère
Le vin, mes amis, c’est le partenaire de danse incontournable du gibier gourmet. Sans un bon rouge pour soutenir la viande, votre civet risque fort de tomber à plat. Alors, on ne rigole pas avec la bouteille et on sort l’artillerie lourde.
Pour accompagner un civet de sanglier, il faut un vin rouge corsé, tannique, avec du caractère, mais qui sache aussi dévoiler toute la finesse des saveurs. Voici un tableau pour vous aider à choisir selon la région :
Région | Vin conseillé | Caractéristiques |
---|---|---|
Sud-Ouest | Cahors, Madiran | Riches, denses, tanins marqués, parfaits pour le gibier |
Rhône | Côtes-du-Rhône, Gigondas | Epicés, chaleureux, généreux |
Bourgogne | Pinot noir charnu | Plus subtil, raffiné, super si on veut une version plus élégante |
Languedoc | Minervois, Corbières | Rustiques mais aromatiques |
- Et oui, pour les épicuriens, la bouteille accompagne aussi le repas comme un acteur de premier plan.
- Le vin sert aussi à composer la marinade : comptez toujours sur la qualité pour garantir un goût irréprochable.
- On évite les vins trop légers ou trop fruités qui seraient écrasés par la puissance du civet.
L’idéal est de dénicher un vin que vous avez déjà dans votre cave, histoire de ne pas stresser et de profiter pleinement de l’instant convivial autour de la table, sur la fameuse table des bois où le festin du chasseur aura lieu.
Variantes et idées originales pour élever votre civet de sanglier au rang de plat étoilé
Parce qu’on est en 2025 et que l’art du civet s’adapte sans jamais trahir la tradition, on n’hésite pas à jouer avec les saveurs et les textures pour surprendre nos palais tout en respectant l’âme de ce plat ancestral. Voici quelques idées pour revisiter votre civet et le faire vibrer à la sauce moderne :
- Version bourguignonne : on ajoute des champignons de Paris, on remplace une partie du vin rouge par un bouillon de bœuf généreux, histoire d’avoir cette profondeur typique du bœuf bourguignon mais avec la fougue du sanglier.
- Dialoque sucré-salé : quelques figues séchées, une cuillère de gelée de cassis ou groseille pour enrober la viande dans une douceur fruitée, qui contrebalance la puissance sauvage.
- Mode express au four : tout dans la cocotte en fonte, couvert, on enfourne 4h à 150°C, pas besoin de se coller perpétuellement à la cuisinière, la cuisson lente s’effectue en douceur.
- Parmentier de civet : vous transformez votre civet en un plat réconfortant encore plus gourmand, en recouvrant la viande d’une purée onctueuse (patate douce, céleri ou classique) et en gratinant le tout.
Chacune de ces variantes vous donnera un coup de boost créatif pour surprendre vos invités et sortir des sentiers battus tout en conservant l’âme du gibier gourmet. L’essentiel étant de prendre plaisir à cuisiner un plat qui respire la tradition, sans se prendre trop au sérieux.

Questions fréquentes pour maîtriser l’art du civet de sanglier
- Comment attendrir la viande de sanglier ?
La marinade longue de 24 à 48 heures dans un vin rouge corsé, agrémenté d’aromates permet de décomposer les fibres et attendrir la viande en profondeur. - Peut-on préparer le civet à l’avance ?
Oui, c’est même conseillé. Le civet gagne en saveurs après un repos de 24h ou plus, il se conserve au frais et se réchauffe doucement avant le service. - Pourquoi ajouter du chocolat dans la sauce ?
Le chocolat noir apporte de l’onctuosité, lisse la sauce et apporte une note douce-amère qui vient équilibrer les saveurs puissantes de la viande. - Quels vins utiliser pour la marinade et le service ?
Préférez toujours des vins rouges corsés et charpentés comme Cahors, Madiran, Côtes-du-Rhône ou Gigondas, qui renforceront la structure du plat. - Comment éviter le goût trop fort de gibier ?
On peut atténuer légèrement le goût avec un filet de vinaigre de vin ou quelques cuillères de gelée de groseille dans la sauce.